Le Club Kirmisson
Durant le dernier trimestre de l'année 1966, avant de commencer mon premier semestre d'internat, j'ai passé mes trois premiers mois dans les Hôpitaux de Paris dans le cadre d'un "Prix SPECIA". Il s'agissait d'une sorte de programme "Erasmus" médical avant la lettre. J'y ai rencontré Gilles Lyon pour la première fois. Cette rencontre fut déterminante pour mon évolution ultérieure, et pour notre aventure commune.
Durant les trois décennies qui ont suivi, un réseau et une vraie communauté se sont créés autour de Gilles Lyon, qui en fut l'inspirateur initial, de Verne S. Caviness, et de moi-même, de nos activités cliniques, de recherche et d'enseignement. Faute de trouver un meilleur nom, j'appellerai ce noyau fondateur initial le "Club Kirmisson"  qui fut d'une extrême vitalité de 1972 jusqu'aujourd'hui. Comme pour toutes les familles, aux liens multiples, aux expériences portant sur des décennies, les dispersions nationales et internationales, les scissiparités, les expériences professionnelles positives et négatives, les facteurs endogènes et exogènes, les douceurs et les rigueurs de la vie humaine, ont modelé cette communauté. La liste de tous les membres actuels du service hospitalier et du laboratoire de recherche à Robert-Debré est détaillée dans ces pages. Des amis éminents, qui n'en faisaient pas partie au départ, l'ont rejointe récemment, comme consultants prestigieux; en particulier Jean Aicardi, Julien Cohen-Solal, Hugo Lagercrantz, Jeanne-Claudie Larroche, Robert Ouvrier. Claude Gaultier s'est associée à nous pour une partie de ses recherches. La base "administrative" du "Club Kirmisson" a migré de Necker à Louvain, puis à Bruxelles, puis à nouveau à Paris, à Robert-Debré, suite à l'invitation d'Henri Mathieu.
Les objectifs de cette communauté sont les soins aux enfants, les progrès de nos connaissances pour leur rendre service, la prévention des maladies neuropédiatriques et métaboliques, et l'enseignement de tout cela. Notre réseau et notre communauté nous donnent aussi des liens d'amitié, exigeants et chaleureux.
Aucune obligation, pour personne, d'y adhérer. Aucune exclusive: tous les neuropédiatres, tous les "métaboliciens" y sont les bienvenus, même s'ils ne font pas partie des "happy few" du début, ni des "good old guys"; aucune barrière, ni nationale, ni d'aucune sorte. Seulement le "service" aux enfants et tout ce qui peut le promouvoir, à commencer par les soins, la recherche et la prévention.
Le "Club Kirmisson" est orienté vers l'avenir. Son objectif est de contribuer à la "Révolution 2.000" dont la neuropédiatrie et le métabolisme ont un urgent besoin.

Notre "club" est né fin 1972 dans un laboratoire situé dans le "Pavillon Kirmisson" de l'Hôpital Necker / Enfants-Malades à Paris, avec Gilles Lyon, Verne S. Caviness, Paul Derer, Liliane Jardin, Olivier Robain, Sergio Rosemberg, et moi-même. Nous y avons aussi bénéficié des échanges du midi dans la cafétéria "privée" de Pierre Royer.
Edouard Francis Kirmisson (1848-1927), dont le nom a été donné à ce pavillon, fut titulaire d'une chaire de "clinique chirurgicale infantile".
Les échanges se sont faits initialement en triangle "Paris / Louvain-Bruxelles /Boston" et sont redevenus triangulaires à la création du nouveau service à l'Hôpital Robert-Debré.


Philippe EVRARD
©2001 Ph. Evrard