La gynécologie en questions

September 29, 2008 · Filed Under Femme 

La gynécologie en questions
• Frottis anormaux
• Saignements anormaux
• Douleurs pelviennes
• Pertes d’urine


Frottis anormaux
Le frottis est un moyen efficace pour dépister les lésions néoplasie des organes génitaux féminins.

Le frottis consiste à racler délicatement la surface du col de l’utérus et de son ouverture afin de recueillir des cellules cervicales. Ces cellules sont ensuite placées sous une plaque de microscope pour être examinées afin de détecter toute anomalie.
La conduite à tenir devant un frottis anormal dépend du degré d’anormalité.

Frottis légèrement anormal (ASC-US) Le frottis légèrement anormal (ASC-US)
Un résultat légèrement anormal ou ASC-US (cette abréviation vient de l’expression en anglais : Cellules Squameuses Atypiques de Signification Indéterminée) signifie que les cellules du frottis n’ont pas un aspect tout à fait normal, mais ne sont pas clairement anormales non plus.

La plupart des femmes ayant un frottis légèrement anormal (ASC-US) ne va pas nécessiter de traitement, et les changements vont disparaître spontanément. Cependant, quelques-unes vont devoir être traitées et c’est pour cette raison qu’il est très important que toutes les femmes avec ce résultat soient suivies :
• pour vérifier que les changements sont en train de disparaître et que le traitement n’est pas nécessaire, ou
• pour identifier les quelques femmes dont les anomalies continuent à se développer et pour démarrer le traitement aussi tôt que possible afin de prévenir l’apparition du cancer.

Frottis aux anomalies légères (ASC-H ou LSIL) Le frottis aux anomalies légères (ASC-H ou LSIL)
Des anomalies légères, ASC-H ou LSIL (abréviations venant des expressions en anglais Cellules Squameuses Atypiques – Haut grade ne peut être exclu ou Lésion intra-epithéliale de Bas-grade) décrivent des changements anormaux des cellules cervicales plus graves que ceux correspondant à un résultat légèrement anormal (ASC-US).
La possibilité qu’un traitement pourrait être nécessaire est plus forte.

La plupart des femmes avec un résultat montrant des anomalies légères ne va pas nécessiter un traitement. Cependant, quelques-unes en auront besoin et c’est pour cette raison que ces anomalies doivent être suivies.
Comme il y a plus de chances qu’un traitement soit nécessaire qu’avec un frottis légèrement anormal (ASC-US), le suivi du frottis aux anomalies légères ne se fait pas par frottis. On vous demandera de revenir pour une colposcopie.

Frottis aux anomalies modérées ou sévères (HSIL) Le frottis aux anomalies modérées ou sévères (HSIL)
Le frottis au résultat modéré ou sévère, aussi appelé HSIL (l’abréviation de l’expression en anglais de Lésions Squameuses Intra-épithéliales de Haut grade) décrit des anomalies des cellules cervicales plus avancées qu’en cas d’anomalies légères.
Les indications qu’un traitement puisse être nécessaire sont plus fortes.

La plupart des femmes ayant un frottis avec ce résultat va nécessiter un traitement afin que les cellules affectées soient enlevées. Un examen plus approfondi du col de l’utérus, par colposcopie, permettra de savoir si le traitement est nécessaire.

Si vous avez un frottis au résultat modéré ou sévère (HSIL), le risque du développement du cancer du col de l’utérus est plus élevé. Il est donc très important que vous suiviez attentivement les conseils de votre médecin, afin que ce risque puisse être réduit au maximum.

Saignements anormaux
Métrorragie ou saignement de l’utérus
Métrorragie signifie en grec saignement provenant de l’utérus. En pratique, saignement s’écoulant par le vagin.
Chez la femme jeune il faut éliminer en premier lieu une grossesse. Des saignements en début de grossesse peuvent évoquer une grossesse extra-utérine ou une fausse couche. Il faut consulter en urgence son gynécologue.

Est-il normal de saigner abondamment à chaque menstruation ?
En dehors de la grossesse, plus de 20% des femmes de plus de 40 ans auront à un moment ou l’autre des saignements excessifs. Il s’agit donc d’un phénomène assez répandu.
Au Canada, plus de 200 000 femmes vont consulter un gynécologue pour cette raison et 20 000 subiront une hystérectomie (ablation de l’utérus).
Si ce saignement excessif persiste, il peut entraîner des perturbations importantes de l’organisme, comme de l’anémie, de la fatigue.
Les femmes décrivent leurs symptômes en termes de saignements incontrôlables ou imprévisibles et de caillots, accompagnés ou non de crampes abdominales. Elles peuvent se sentir fatiguées, ou frustrées lorsque ces saignements viendront nuire à leur vie sociale.

Coupe d’un utérus Quelles sont les causes des saignements excessifs ?
Il s’agit le plus souvent d’un déséquilibre hormonal, surtout pour les femmes de 40 à 50 ans ou avant la ménopause.
Des tumeurs utérines bénignes et non cancéreuses telles qu’un épaississement de l’endomètre (membrane qui tapisse l’intérieur de l’utérus), des fibromes, des polypes, une infection, de l’endométriose utérine et beaucoup plus rarement, des anomalies de la coagulation, peuvent également causer des épisodes de saignements excessifs.

Comment fait-on le diagnostic du saignement menstruel excessif ?
Afin de trouver les causes du saignement excessif et de déterminer le traitement qui vous convient, votre médecin fera un examen gynécologique.
Il pourra également vous donnez un rendez-vous pour une hystéroscopie qui consiste à insérer, à travers le col de l’utérus, un petit tube qu’on appelle un hystéroscope.
Cet examen est effectué à la clinique externe d’un centre hospitalier ou au bureau du médecin, sous anesthésie locale, après une préparation médicale (calmants et médicaments pour empêcher les crampes utérines).
Vous devrez être accompagnée au bureau du médecin pour cet examen qui se déroule, la plupart du temps, sans douleur.

Douleurs pelviennes
En aigu
Il faut éliminer les urgences :
- Grossesse extra-utérine,
- Torsion du kyste ovarien,
- salpingite aigue,
- péritonite infectieuse ou appendiculaire,
- fausse couche,
- pyélonéphrite.

En chronique
Les syndromes douloureux cycliques
- Le syndrome intermenstruel
Il est rare, il associe, une douleur pelvienne de survenue rapide et une hémorragie génitale. Ce phénomène est contemporain de l’ovulation.

- La dysménorrhée ou règles douloureuses.

Les syndromes douloureux chroniques
- Endométriose
- Adhérences
Les adhérences peuvent être secondaires à une chirurgie ou à une infection.
- Incarcération nerveuse
L’incarcération nerveuse se produit à la suite d’une chirurgie.
- Syndrome du côlon irritable (SCI) et autres troubles gastro-intestinaux
- Cystite interstitielle et problèmes de vessie - Maux de dos - Prolapsus pelvien - Congestion pelvienne

Pertes d’urine
Introduction
L’incontinence urinaire est une perte involontaire d’urine, diurne, ou nocturne. Les fuites se produisent chaque fois que la pression intra-vésicale est supérieure aux résistances sphinctériennes.
Peu de données épidémiologiques existent mais on estime que c’est un symptôme fréquent qui toucherait au moins 2.5 millions de personnes en France. 15 à 20 % des personnes âgées de plus de 60 ans ont une incontinence et le risque est deux fois plus élevé pour les femmes (15-30 %) que pour les hommes.

Diagnostic
Un interrogatoire et un examen clinique poussé sont nécessaires.

Interrogatoire
• ATCD (diabète, chirurgie, énurésie, accouchements, infections urinaires….)
• Type d’incontinence
• Existence d’une dysurie
• Incontinence anale associée (rarement verbalisé par les patientes car vécu comme honteux)
• Garniture (nombre, type)
• Retentissement (vie courante, le sport, métier vie sexuelle)
• Traitements déjà réalisés
• Les médicaments utilisés pour d’autres pathologies peuvent aggraver les symptômes d’une incontinente.

Examen clinique
• Examen de la vulve (béance, trophicité, macération)
• Toucher vaginal (le pelvis, le testing des releveurs, rechercher une inversion de commande)
• Cicatrices périnéales, abdominales
• Recherche de prolapsus (manoeuvre de Bethoux)
• Examen vessie pleine (fuites à la toux et manoeuvre de Bonney)
• Examen neurologique (sensibilité périnéale, ROT)

Examens complémentaires réalisables
• Débimétrie : mesure du débit en fonction du temps; teste le détrusor et les résistances mictionnelles
• Cystomanométrie : mesure des pressions vésicales pendant un remplissage
• Etude de la sensibilité vésicale
• Etude de la compliance vésicale : pour déceler une hypertonie ou une hypotonie
• Etude de l’activité vésicale : dépistage des instabilités (contractions) vésicales spontanées ou provoquées
• Instantané mictionnel : enregistrement des pressions lors de la miction
• Sphincterométrie : mesure des pressions dans l’urètre en mode statique et dynamique (toux).

Traitements
Les moyens pharmacologiques
La plupart des produits médicamenteux agissent sur le tonus du detrusor ou des sphincters.

La rééducation
Elle donne des résultats après une quinzaine de séances. Elle nécessite une volonté personnelle prolongée. Elle a un intérêt pour le renforcement de la musculature et du tonus vésical.
Plusieurs techniques existent :
• Rééducation manuelle
• Électro-stimulation
• Bio feed back
• Éducation mictionnelle : comportement et calendrier mictionnel.

Les moyens palliatifs
• Obturateurs urétraux : à changer après chaque miction. Problème de confort
• Support prothétique de col vésical? Contre-indiqué après chirurgie ou si atrophie vaginale
• Tampons
• Pessaires.

La chirurgie
• Elle s’adresse surtout à l’incontinence d’effort. Plusieurs techniques existent en fonction de la patiente, de son âge et de ses antécédents.

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